Dépigeonnisation : « la protection ne va pas sans régulation »

Thierry Fourmet

Thierry Fourmet

De plus en plus d’entreprises et communes sont victimes des nuisances des pigeons. Thierry Fourmet, directeur délégué de La CAMDA, explique les étapes clés d’une dépigeonnisation efficace.

Le pigeon est un animal têtu qui vit et se reproduit toujours au même endroit. C’est pour cela que les techniciens de La CAMDA, société spécialisée dans la destruction des nuisibles, interviennent sur différents sites pour réguler les populations qui augmentent de façon exponentielle. Le volatile concerné ici est le pigeon biset appelé aussi « pigeon de ville ». La femelle a au moins six portées par an de deux pigeonneaux. Très vite en âge de se reproduire, ceux-ci s’installent le plus près possible de leur lieu de naissance. Ces volatiles créent des problèmes de salissures, voire même des maladies dues à leurs fientes toxiques.

La dépigeonnisation en trois étapes

Capture de pigeons chez Tereos

Campagne de capture de pigeons pour la coopérative Tereos à Marle.

La première étape, appelée régulation, consiste à capturer et à euthanasier les pigeons. Des spécialistes viennent visiter les sites de surpopulation et déterminent les lieux où doivent être placés les systèmes de capture. La pose des cages est faite aux endroits stratégiques. Il faut essayer de trouver les sites primaires où les pigeons nichent, et les sites secondaires, où ils mangent.

Une bonne expertise est nécessaire pour une capture efficace. Les techniciens alimentent les cages en nourriture afin d’habituer les volatiles à y entrer. C’est la phase d’appâtage qui peut durer un mois. Il faut vérifier régulièrement les consommations dans les cages avant d’engager les captures. « L’étape de la régulation est la plus importante car si elle n’est pas effectuée la population de pigeons ne cessera d’augmenter. Le but n’est pas d’éradiquer la population des volatiles, mais seulement de la réguler » explique Thierry Fourmet, directeur délégué de La CAMDA.

Installation de filets d’électro répulsion à Vatry

Installation des filets d’électro répulsion sur la tour de contrôle (Vatry) à 40 m au-dessus du sol.

La deuxième étape est la protection. Les techniciens mettent en place du matériel et des répulsifs visuels, sonores et mécaniques (filets, pics, fils tendus) afin que les pigeons ne puissent pas s’installer sur le site à protéger. Thierry Fourmet affirme « la protection suit toujours une régulation ».

La troisième et dernière étape est le nettoyage. Elle consiste à enlever les fientes et autres déchets laissés par les volatiles qui peuvent représenter des volumes importants. Thierry Foumet cite l’exemple du clocher de l’église Sainte-Anne à Rethel sur lequel son équipe a retiré 100 m3 de fientes. Il estime que l’efficacité de la dépigeonnisation passe par un contrôle régulier du site traité et par l’élargissement des captures sur un périmètre le plus large possible. À défaut, un site traité sera réinfesté par les populations d’oiseaux des sites voisins. Pour exemple, la régulation organisée à Bazancourt s’est faite en collaboration avec tout le pôle agro technologique pour obtenir une bonne efficacité sur tout le territoire.

Pigeons au silo Vivescia

Intervention de LA CAMDA au silo Vivescia de Châtres.

Qui est concerné ?

La nuisance des pigeons concerne de nombreuses communes, qui sont confrontées à des problèmes de salissures sur les clochers des églises en particulier, par accumulation de déchets.
Le public assujetti à ce type de problème dans les bâtiments et locaux de stockage peut être varié : les coopératives agro-alimentaires, les entreprises, les restaurants, les galeries marchandes, et autres particuliers.

Parole d’expert
Matthieu Eloy, technicien spécialiste en régulation de volatiles à La CAMDA intervient sur l’aéroport de Vatry

Quel problème rencontre l’aéroport de Vatry ?
C’est le responsable de la tour qui nous a demandé d’intervenir.
Nous n’agissons pas sur les pigeons cette fois mais sur les corneilles et choucas des tours. Nous étanchéifions le dessous de la tour de contrôle afin que les oiseaux ne puissent pas y nicher. En effet, ces oiseaux prennent des branches assez lourdes et les emmènent sur la tour de contrôle pour construire leur nid à 40 mètres de hauteur. La chute de branches de cette hauteur peut blesser des usagers de l’aéroport.
En quoi consiste l’intervention ?
Nous installons des filets, des grillages et de l’électro-répulsion en dessous de la tour afin que les choucas et corneilles ne reviennent pas y nicher.
Il est interdit d’éliminer les choucas des tours car il s’agit d’animaux protégés. Nous assurons juste la protection du bâtiment et ainsi nous restons en règle vis-à-vis de la règlementation.
Y-a-t-il un suivi dans le temps ?
Bien entendu, nous contrôlons toujours l’efficacité de notre intervention et nous nous engageons sur le résultat. Les objectifs à atteindre sont toujours déterminés lors de la signature de notre prestation.

Par Aurélie Lapie
Source : La Marne Agricole du 30 juin 2014

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